Dark Wizardry

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 Des pays et des châteaux, nous nous sommes enfuits

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Constanc
Invité



MessageSujet: Des pays et des châteaux, nous nous sommes enfuits   Jeu 21 Juin - 12:13

-…Et moi qui croyais que les artistes n’avaient pas besoin de converser pour exercer leur pratique…

Ses yeux ne gardèrent pour horizon que ce plafond, seul vestige de l’ancien domaine.

-Ca dépend la pratique…

Baissant ses yeux, le visage se crispa et elle laissa ressortir de sa bouche un gémissement.

-J’avais espéré que vous vous dépecheriez, en fait…

Lui, plutôt adroit de nature pourtant, ne s’empêcha pas de rire pour lui même. Après tout si elle arrêtait de le « déconcentrer », et si elle arrêtait de gesticuler aussi, tout irait pour le mieux. Evidemment que c’était de sa faute, et uniquement de la sienne ! Il n’allait tout de même pas s’excuser.

-Pourquoi, vous attendiez quelqu’un ?

-Non,

Elle se pinça la lèvre inférieure,

-Je crois bien que je n’attends que moi.

-Tiens… Rien ? Rien de rien ?

Elle parut offusquée, en le voyant, lui, dévoilé son contentement, avec ses airs sarcastique. Savait-il avec quel dédain ridicule il l’exerçait, sa pratique acerbe ?

-A croire que, monsieur, vous vous en complaisez.

-Non, disons que c’est plutôt, et je m’en excuse, de l’humour joyeux.

-Ou de la méchanceté gratuite, là où nous en sommes, nous pouvons franchement y aller…

-Et pourtant, cette visite je vous la ferai payer…

-A eux plutôt qu’à moi, en général, je me passe très bien de chiffons inutiles.

-Je m’en doutais, oui, mais je crois que votre venue à telle festivité ne serait pas accueillie avec autant de zèle si vous vous vêtissiez comme une paysanne. Merci, je suis là pour vous sauver.

Elle s’absenta de la conversation un instant ou même deux. Puis soupira.

-Pardon, mais après toutes ces années, j’avais pensé qu’en vivant à la compagne, j’en étais une.

Il enfonça une épingle avec satisfaction à hauteur de son ventre, sa pointe s’en approcha si près et avec tant de détermination que rentrant son ventre autant qu’elle le pouvait, elle sentit la peur lui venir pour la faire vaciller.

-Vous ne tiendrez pas long feu si, en traversant votre corset, la lame d’un jeune amant trop jaloux, vous trahissait.

Elle ne put s’empêcher de rire à cette même remarque.

-On croirait que vous avez tout préparé…Mais votre fougue, monsieur, est purement professionnelle, et je parierais que l’objet de votre convoitise s’arrête bien avant la jalousie…

-En effet, il s’arrête aux draps, et je n’aurais de repos que lorsque j’en aurai fini avec le vôtre.

Elle contempla sa propre parure, avantageant sa silhouette par une caresse sur les hanches.

-De quelle couleur est-il ?

-Quoi donc ?

-Mon drap.

-Il est blanc, tout blanc! Fraix et doux!

-Non Monsieur, il est rose.

Il tenta de décripter un sourire, une moindre appréhension, mais elle avait paru soudainement impassible. D’où venait le drap rose dont elle avait parlé?

-…

-Regardez,

elle désigna la jupe de la robe

-ce drap est rose.

-Vous ne vous laissez donc jamais piquer par un haut couturier ?

Elle, descendant du tabouret, prête ainsi vêtue, parfaite dirait-on, s’approcha de son oreille. Elle susurra pour tout réconfort ces quelques mots :

-Seulement lorsque les pétales de ceux-ci s’avèrent plus belles que les épines.

Elle se retira de la grande pièce où elle venait de rester des heures enfermées pour en arriver là. Elle prit place sur un fauteuil en retrait. Il n’y avait personne dans les couloirs. En fait, il n’y avait pas souvent grand monde en cet endroit. Aucune chambre à cet étage, aucune salle importante, c’était un peu l’étage abandonné, où régnait le silence, quelques fois troublé par une souris égarée. Elle était au premier … Le premier ce n’était pas bien haut, enfin, elle pouvait se le permettre…

-Oui, je vais probablement me tordre la cheville, mais bon !

*Je dois partir de toutes façons, il faut que je regagne Poudlard, sans quoi…*

Oui, c’était décidé, c’était ça, ou c’était rien, alors… Il fallait y aller ! Maintenant, vraiment tout de suite, et avant que tous les conviés animent le jardin. De toutes façons, si elle sortait par la porte, c’était fini, ils verraient, ils sauraient, qu’elle voulait partir! Elle courut dans une salle, elle en avait choisi un endroit stratégique, il y avait, sur les murs quelques impasses, elle pouvait aisément, s’en servir pour dégrigoler. Après tout, elle connaissait l’endroit. Ce qu’elle fit, ouvrant la porte, passant une jambe, puis l’autre, voilà.

Elle y repensa… Qu’avait-elle fait ce jour-là ? Mais qu’importe sur le pourquoi du comment ? Elle était enfin à Poudlard, elle ne prit pas le temps de passer par la grande salle pour prendre un quelconque, et pourtant si somptueux repas, elle était pourtant si affamé. Mais à cette heure ? Elle était essoufllée, oui, quelle heure était-il d’abord ? Très tard, ou trop tôt ? Elle n’en savait que trop rien. Tout ce qu’elle avait fait pour arriver sur place. Et là, elle s’en retrouvait plaquée au sol, attendant qu’on la guette et qu’on la ramène à sa salle commune, qu’elle retrouve ceci et cela. Mais personne ne venait, qui sait s’il était encore temps pour faire la ronde ? Aucune idée. Elle s’était assoupie, pendant une heure ou deux, mais lors de son réveil, il n’y avait toujours personne dans le hall. Elle poussa sur ses bras, elle avait récolté suffisamment d’énergie pour descendre. Et pourtant, un seul sentiment la guida, elle ne prit pas la direction de la salle commune, elle monta, monta et monta, elle arriva. La volière. Imméditament, plusieurs chouettes et hiboux ouvrirent un œil, elle en vit le reflet . Quelque peu morbide certes, mais si joli. Elle s’approcha du meilleur point de vue, et lorsqu’elle en fit accoudée, une chouette vint à sa rencontre, lui dévoilant sa patte. Patte à laquelle, une lettre, qui lui était destinée bien entendu. Elle l’ouvrit et en lit le contenu. Sa mère en avait écrit les mots après avoir beaucoup pleuré. Elle pleurait trop sa maman. Elle la pleurait décidément trop. Constance carressa la chouette, lui confiant un secret.

-Crois-tu vraiment que je suis venue à Poudlard pour retourner chez moi ?

La chouette sembla un instant comprendre, et, par une certaine force qu’était la sienne, elle s’envola sans réponse à la mère de la jeune fille. Constance en suivit l’envol jusqu’à ce qu’elle ne la voit plus et qu’elle disparaisse dans l’épaisseur de la nuit. Elle souriait, un peu béatement. Elle put contempler le paysage, la lac, le parc…La mythique forêt. Tous ces lieux. Et évidemment, le château, elle y était enfin, elle en était soulagée. Depuis combien de temps n’avait-elle pas dormi sur un matelas, sur un coussin, combien de fois s’était-elle allongée sur un sol froid et humide ? Pourtant, elle n’aspirait pas à dormir, du moins pas pour le moment, elle voulait encore rester ici. Toujours vêtue de cette robe, il serait triste le couturier ! De la voire réduite en lambeaux ! Et il n’y était plus ca fameux corset ! Non ! Elle en avait été soulagée lorsqu’elle l’avait ôté de ses hanches, extrêmement bien. Elle attendait là, inerte, contemplant, comme si quelque chose ou quelqu’un allait venir. Comme si elle voulait encore contempler une dernière fois le château.
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Izanagi
Invité



MessageSujet: Re: Des pays et des châteaux, nous nous sommes enfuits   Ven 22 Juin - 19:06

Les battements d'ailes du milan noir défient l'espace et le temps... Il était là, il y a encore à peine un instant, et le voilà disparut, pendant combien de temps..?

Quelle importance, quand on est de la race de Cain, quelle importance de lieu l'espace ou le temps...?

Dans son coeur sous son sombre plumage brûle un coeur de sang et d'eau, comme les mortels qui peuplent la surface de la Terre...


" Ciel mes enfant, qu'en avez-vous fais ? Ne vous avais-je point confié le jardin et voici ce que vous en avez fait ?...Pendant mon long sommeil...si long, si long sommeil divin..."

Battement d'ailes et déjà le château se profile...


*..je reviens des cieux comme certains du Tartare..*

Les yeux brillants de l'animal perçoivent et aperçoivent la robe en lambeau comme l'écrin appauvri du diamant encore brut, si sauvage que jamais prêt à se laisser apprivoiser...

Le milan noir se pose délicatement sur la fenêtre et dans un soupir les plumes se changent en chevelure de jais, et les yeux d'or en noir d'encre, comme la nuit à laquelle il s'arrache si tardivement...

Il passe lentement une main dans ses cheveux...Certes, il a un peu grandi, peu mais il a prit une stature qui n'est plus celui du petit garçon qu'il était...Son séjour là-haut, sûrement, y est pour quelque chose...

Il s'approche lentement...Son grand kimono noir et rituel...Et ses yeux, insistants, cherchent le regard diffus de ceux de la princesse aux lambeaux...

L'a-t-elle attendu, comme les damoiselles leur preux chevalier ? A-t-elle prié pour ne point qu'il ne tombe au combat...?

Mais le Moyen Age est loin, et Izanagi plus antique encore, né avec le soleil, il disparaîtra dans le néant cosmique, là où se fondent les dieux d'avant hier et du surlendemain...

Il s'approche doucement, son visage aux accents mélancoliques semble murmurer silencieusement un inavoué "pardon"...

Les dieux sont attendus, parfois... Souvent ils sont en retard...Et leur retard, à leur reflet, sont infinis...

Il saisit la main de la belle, demeurée muette et se demande, dans son esprit de jeune homme encore un peu timide, si elle le reconnait... Mais au fond, il est déjà un homme, alors il baisse ses paupières aux cils noirs à demi et murmure d'une voix devenue plus grave :


- Bonsoir, Constance...je crois que je suis en retard...
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Constanc
Invité



MessageSujet: Re: Des pays et des châteaux, nous nous sommes enfuits   Mer 27 Juin - 7:40

-Je crois que je vous attendais pour m’assoupir…

La bise ! Qu’elle récolte par toutes ses aspirations et ses inspirations… Un sourire, qu’on ne partage qu’avec quelqu’un lorsqu’on est satisfait, lorsqu’on est ravi, lorsqu’on est enfin récompensé. Sourire qu’elle adressait juste au parc alors que sa main lui chuchotait délicatement : « Viens ou tu vas rater tous les épisodes ! » ou encore « Imbécile, les sourires sont pour les hypocrites alors utilise-les sur les bernés! ». La main captive s’étant épris de son ravisseur (cf. syndrome de Stockholm), sa jumelle fut quant à elle désappointée et le mot était bien choisi : hors d’elle ! Ne supportant pas d’être narguée aussi impétueusement, elle releva le défis de faire mieux : elle caressa les doigts avec beaucoup de sagesse. Sagesse qui fut évidemment redoutée par l’autre. Mais trêve. Le corps et l’esprit se retournèrent enfin vers l’intéressé et l’intéressant. Ils dévoilèrent que Constance Sylla souriait, gardant dans ses 2 mains, le ravisseur qui avait malencontreusement raté son coup. Les mains d’honneur comme celles de la Poufsouffle, étaient heureusement encore bien droites et justes. Elle continuait ses caresses.

-Alors nous sommes 2 fuyards… Et le sort doit s’acharner sur nous car nous sommes 2 étranges créatures qui nous retrouvons au point de départ…

C’était l’illumination totale ! Bien –sûr, car toute chose commençait à Poudlard, toute chose finissait à Poudlard, toute chose recommençait à Poudlard. Elle s’approcha de lui, tenant toujours sa main mais la montant un peu plus. Ses yeux crépitaient d’un feu qui ne s’était pas vu depuis longtemps aussi éclatant et aveuglant ! Sa tenue était tout à fait décolorée et à vrai dire, ne ressemblait plus à grand-chose. Mais elle s’imaginait brillante et ressortant dans la nuit par la fraîcheur d’une peau à peine lavée mais tellement pâle par le phénomène « bise ». Elle gardait en vue le visage du serdaigle qu’elle posséderait à jamais.

-Et si nous déversions nos larmes, respectivement et que nous nous contions que toutes nos histoires sont atroces et pleine de mauvais plaisantins…

Elle s’arrêta s’approcha encore et avec une plus grande illumination encore, elle sursauta :

-Cain ! Tu as changé! Je crois bien que je te trouve plus beau ainsi !

Elle baisa sa joue, se surélevant sur les pointes des pieds puis déconnecta. Oui, c’était cela, elle était illuminée…Elle regarda à droite et à gauche, intriguée par la lumière qu’elle n’émettait pas. Elle devait être désormais semblable à la nuit, aussi opaque et pourtant invisible. Elle s’écroula à terre. Laissant place à sa mélancolie. Ingrate mélancolie ! Tu ne fais guère bon ménage avec l’euphorie, euphorie mon amie, je te déteste ! La jeune femme, à terre, fixait un point. Elle murmura à l’intention du compagnon de route:

-Tu sais, ils espèrent toujours qu’on rentrera… Et le jour où on ne rentre plus le soir, ils nous laissent pour mort… Je crois que ce soir sera la dernière de mes morts à leurs yeux… Car je n’y retournerai jamais !
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Izanagi
Invité



MessageSujet: Re: Des pays et des châteaux, nous nous sommes enfuits   Dim 8 Juil - 15:29

Cain lui aussi baissa les yeux : à chaque fois, lui aussi pensait qu'il n'y retournerait jamais...et pourtant... à croire que ces liens-là étaient de ceux qu'on ne parvient jamais tout à fait à briser...

La phrase de Constance sur son physique lui arracha un sourire gêné... Avait-il donc changé tant que ça ...?.... Il se tourna vers la vitre de la fenêtre ouverte qui lui renvoya son reflet...Certes il était plus grand, sans doute son visage avait perdu un peu de ses traits juveniles et candides...

Constance s'écroula à terre. Cain se baissa et tendant ses bras vers elle, il la souleva avec facilité.


*..tu es si légère...*

La princesse de ce conte ne pouvait restée seule sur les froides dalles de la volière...

*...Je t'éléverai plus haut que les Cieux que tu contemples et dans lesquels tu te perds...Il n'y aura plus ni larmes, ni sourires, là où je t'emmenerai...*

Tout en gardant le frêle jeune fille dans ses bras, il passa doucement une main entre ses cheveux sombres et soyeux :

- Où dois-je vous déposer, Princesse...?
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