Dark Wizardry

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 "Anywhere out of the world"

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Hécate E
Invité



MessageSujet: "Anywhere out of the world"   Mer 18 Juil - 17:05

Figée pendant de longues heures. Son cœur semblait mort, son âme dépeuplée. Il était encore là, si proche et pourtant déjà si loin… Dans un élan, elle s’imagina le rejoindre, l’implorer de pardonner sa faiblesse, sa lâcheté… encore et encore et toujours !!!... Non, elle ne devait pas, tout cela devait cesser, définitivement, car elle n’était pas à la hauteur et aussi… Elle l’aimait et il ne méritait pas de subir ça, de la subir… Alors, machinalement, elle partit droit devant elle. Mettre de la distance entre celui qu’elle devait quitter et son misérable cœur, vide et sec. Elle avait déjà fait assez de mal comme ça…

Lorsqu’elle arriva dans son château, les murs vides étaient emprunts de ses propres phobies et le silence martelait régulièrement l’écho de ses pas mal assurés.

Elle atteignit la bibliothèque de sa grand-mère, l’obscurité régnait. S’asseyant dans son vieux siège à bascule et commença à se bercer lentement, au rythme de sa respiration, les yeux perdus au travers de la fenêtre plongée dans la nuit.

Mandy avait dû entendre son retour, elle devait déjà certainement être en train de lui préparer un thé chaud qu’elle lui glisserait discrètement sur le pas de la porte pour ne pas la déranger…

Les yeux vides perdus dans la nuit noire. Elle n’alluma nulle bougie car il ne restait plus rien à veiller. L’antre de sa grand-mère demeura aussi vide que ses abysses intérieurs…

Alors que son cœur absent contemplait le vide, un faible rayon de lune lui renvoya son pâle reflet, vaporeux et translucide, sur la vitre qui recevait les premières gouttes d’une pluie fine.

Son image lui parut insupportable, mais elle ne put détourner immédiatement le regard… au travers de ses yeux impassibles, au fin fond de sa rétine aveugle, au-delà du maîtrisable, de ce qui par de simples portes peut être scellé, elle distingua un regard rouge sang meurtri à vif. La douleur se répandit dans ses iris. Elle ferma les yeux.

Lorsqu’elle les rouvrit, la nuit n’était plus noire, elle était devenue grise. Fébrile, elle alluma une bougie qui se mit à crépiter lentement d’une flamme pâle et froide. Elle y porta la main et l’immobilisa juste au-dessus, sa peau noircit mais elle ne ressentit nulle douleur. Alors, elle l’enserra dans son poing et la lueur mourut.

Elle venait d’étouffer la dernière flamme, la nuit grise l’enveloppa, l’enserra, l’absorba puis l’engloutit. Le souvenir du regard rouge sang se mua en cendres grises.

Etouffant et ressentant sa fin approcher, elle se pencha en avant et s’écroula sur le sol. Le siège à bascule perpétua son va et vient quelques instants, puis s’arrêta, lui aussi, progressivement, jusqu’à l’immobilité complète.

Elle rampa jusqu’au centre de la bibliothèque dans l’espoir de fuir par le monde englouti de sa mémoire. D’un geste rituel, elle parvint à ouvrir l’espace parallèle qu’elle savait s’y trouver.

Elle roula dans les escaliers souterrains.

Lorsqu’elle reprit ses esprits, elle se releva, meurtrie. Se dirigea vers la trappe, jeta un dernier regard à la nuit grise et cotonneuse, puis la scella de l’intérieur de manière à ce que personne ne puisse plus jamais ouvrir ce passage, ni même le voir.

Elle s’enfonça ensuite dans le labyrinthe qu’elle connaissait parfaitement pour s’y être déjà perdue des centaines de fois. Elle dépassa la tombe de sa grand-mère l’effleurant juste de ses doigts froids et atteignit le renfoncement où elle avait déposé les Alephs.

Dans le fond, elle avait toujours su qu’elle finirait ainsi. Prisonnière dans la contemplation d’un souvenir qu’elle chérissait ; enfermée dans son éternelle répétition.

Elle ouvrit une première boitée et saisit une première sphère dorée qu’elle plaça sur l’autel prévu à cet effet. La petite boule se mit à graviter sur elle-même.

Elle ne sortirait plus jamais de sa contemplation léthargique. Elle le savait.

Elle tira une deuxième sphère d’un second coffret et la plaça en vis-à-vis de la première. Les deux objets se mirent à tourner l’un autour de l’autre se pliant à une mystérieuse attraction.

Le troisième coffret, elle n’y toucha pas.

Oui, elle avait toujours su qu’elle finirait ainsi. Dans la folie meurtrière d’une contemplation au-delà du temps. Qu’elle entrerait dans la dimension de l’irréel, de ce qui fut ou de ce qui ne sera jamais et qu’elle n’en sortirait plus.

Elle s’agenouilla en face de sa délivrance.

Elle l’aimait, mais elle était incapable de partager cet amour. Elle n’avait pas assez confiance, elle n’était pas assez solide. Avant toute autre chose, elle aurait dû se retrouver et acquérir des certitudes. C’était irrévocable. Elle l’aimait et elle en était indigne.

Ne pas penser. Oublier... comme toujours… Fuir. Mourir. Ne plus souffrir.

« Anywhere out of the world »…

Ses yeux frôlèrent le disque lumineux et y devinrent immédiatement captifs.

Les doigts tremblants, elle ouvrit la petite enveloppe qu’elle venait de trouver sur le pas de sa porte.


Chère jeune fille....

Passez donc me voir un jour...je souhaite vous rencontrer...

Tom Jedusor


Un éternel recommencement. Elle esquissa un sourire, mais n’en eu aucunement conscience.

Chère Mademoiselle...

Je ne connais ni votre nom, ni rien de vous si ce n'est votre visage que j'ai eu le loisir de contempler une fois...Vous ne vous souvenez sans doute pas de moi...mais moi je me souviens de vous...

Je sais que cela peut vous sembler étrange, et ça l'est peut être.., mais j'aimerais vous parlez un soir...

Je suis plutôt reservé, aussi je vous attendrai demain soir, dans la chapelle;...

Si vous ne venez pas, je comprendrai...
Si vous venez j'en serai très touché...

Bien à vous,

Tom


Des larmes envahirent ses yeux, son cœur voulut se serrer. Mais par lâcheté elle les ignora. C’est alors qu’elle perdit définitivement pied dans la réalité. Elle oublia qui elle était, quel était son monde, où était la vérité.

Elle venait de basculer. Elle s’engagea dans une belle nuit noire et profonde, ses pieds foulant une neige éternelle, immaculée, en direction d’une chapelle mystérieuse et inconnue.

Dans la réalité, son cœur venait de mourir. Hécate n’était plus ; n’était plus qu’un souvenir.
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