Dark Wizardry

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 Souvenirs du passé

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Sirius Black

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Localisation : Caché pour ne pas se faire attraper *veut pas retourner à Azkaban*
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MessageSujet: Souvenirs du passé   Ven 28 Mar - 3:32

Le plancher craquait sous chaque pas que Sirius faisait. Rien n'avait changé depuis sa première année à Poudlard, à part peut-être des trous en plus et quelques empreintes laissées par son ami de ci de là. La vielle bicoque, implantée par ce bon vieux directeur, était toujours aussi miteuse et sale que la première fois où ils s'y étaient rendus.

*Ça fait si longtemps... que de souvenirs*

Sirius songea à leurs années passées à Poudlard. Moony et ses transformations, leurs blagues aux Serpentards, Moony le rappelant à l'ordre à ses devoirs, Lily repoussant inlassablement les avances de Prongs, Moony et ses livres, les filles, Moony et...

Sirius se rendit compte que ce qui lui avait le plus manqué pendant tout ce temps passé en prison c'était :


*Moony*

Il poussa un grand soupir. Bien entendu James et Lily lui manquaient, mais le fait de savoir Moony seul pendant toutes ces pleines lunes passées lui serrait le cœur. Ça lui était très pénible de passer la pleine lune seul, c'est pour cela qu'ils avaient décidé de l'accompagner tous les soirs et aussi pour éviter qu'il ne se blesse trop. Il se sentait étroitement coupable de l'avoir abandonné ainsi.

*Il a du énormément souffrir de notre absence*

-Et que peut-il bien penser de moi après ce fameux soir, pensa t-il tout haut en ressentant un frisson d'horreur à ce souvenir.
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MessageSujet: Re: Souvenirs du passé   Jeu 3 Avr - 0:19

Remus s’arrêta un instant debout dans l’herbe du parc, scrutant la pelouse humide de rosée à la recherche de la longue perche de bois mort.
Il était sorti de l’infirmerie juste après que Mrs Pomfresh ait soigné sa cheville brisée, il avait éludé les questions de Caïn en prétextant l’heure tardive, et s’était échappé dans la nuit fraîche. Le ciel s’éclaircissait, laissant paraître la froide clarté des étoiles et par moments la forme galbée de la lune presque pleine.
A présent il était accroupi à la limite des branches souples du saule, ramassant une branche tombée à terre. Il avança d’un pas sous l’arbre et appuya d’un geste vif son bâton sur un nœud particulier de l’écorce du tronc, enrayant aussitôt la furie du Saule Cogneur. Un passage s’ouvrait entre les racines, et il s’y engouffra sans un mot, une ombre tombant sur son visage.


- Lumos.

Sa baguette jeta un éclat pâle sur les parois du souterrain, où une épaisse couche de poussière témoignait du passage du temps. Il sut immédiatement que quelque chose n’allait pas. Clairement inscrites sur le sol comme dans de la neige fraîche, il y avait des empreintes qui allaient dans la même direction que lui, et qui n’étaient pas reparties.

* Voilà qui va singulièrement compliquer ma visite… *

Remus ne recula pas, pourtant… poussé par la volonté de savoir autant que par la nécessité de trouver un abri sûr pour la pleine lune, il longea le passage bas de plafond, indifférent à l’âcre odeur de terre qui y régnait. Arrivé au dernier coude du tunnel, il éteignit sa baguette et laissa quelques minutes ses yeux s’habituer à leur vision nocturne. A la senteur d’humus et de moisi venait s’ajouter une légère note plus corsée que son nez fin identifia comme un mélange de chien mouillé et de transpiration masculine. Il fronça les sourcils.

* Je connais cette odeur… *

Une tension impalpable envahit ses muscles comme un venin subtil. C’était la tension du chasseur qui n’ignore pas qu’il suffit d’un instant pour qu’il devienne proie. Remus feutra sa démarche et entra furtivement dans la cabane hurlante.

Un vertige soudain le prit, et il ferma brièvement les yeux.
Ooh, les lattes grinçantes du parquet oublié, douces sous ses pieds d’homme… La vision ténébreuse des meubles bouleversés par la bête qui l’habitait… Le lien d’or de son amitié avec les Maraudeurs, sauvant son esprit de la folie qui le dévorait, dressant un rempart entre lui et l’abîme… Jusqu’à la déchirure glacée de ce crépuscule d’hiver où tout avait basculé.
Il rouvrit brusquement les yeux. Le passé lui sautait à la gorge où qu’il portât le regard, et élevait en lui les barbelés croisés de la colère et de la peur.

Les traces menaient à l’étage, et Remus les suivit à pas de loup. A travers l’ouverture dégagée de la porte de la chambre, il aperçut de dos une silhouette décharnée qu’il aurait reconnue n’importe où. Son sang ne fit qu’un tour, insinuant dans ses veines la brûlure du désespoir tandis que sa raison lui hurlait de tuer sur-le-champ l’assassin qui avait osé revenir en ces lieux. Mais ce fut son cœur qui parla en premier, en mémoire des cendres éparpillées d’une amitié révolue, et de la clarté agonisante d’une étoile au firmament.

La voix de Remus était rauque et basse, presque un murmure, mais elle siffla comme un fouet.

- Toi…

Les mots lui manquèrent pour continuer, étouffés par la violence des émotions. Seuls ses yeux portaient la brûlure au fer rouge de ses souvenirs, et l’intensité de son regard blessé aurait fait reculer n’importe qui. La flamme de sa détermination à savoir, à tout savoir, quitte à ce que son âme déjà fêlée se brise, consumait jusqu’à sa haine et ses peurs.

Et quelque part en lui, résonnait cet appel…


* Sirius… pourquoi ? *
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Sirius Black

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MessageSujet: Re: Souvenirs du passé   Ven 4 Avr - 15:02

-Toi...

Sirius se retourna un peu pris au dépourvu par la présence d'une autre personne, que lui, dans la vieille bicoque. Il était là, devant ses yeux, dans l'encadrement de la porte. Ce mot, qu'il venait de prononcer, avait été presque inaudible, tellement bas, que l'on aurait pu le confondre avec le vent, qui ne cessait pas de s'engager par les moindres fissures de la bâtisse. Mais il fut tout de même assez fort pour que Sirius le perçoive et réagisse à cette voix rauque qu'il connaissait bien. En voyant le regard que Remus posait sur lui, il comprit que son ami d'antan lui en voulait énormément pour ce soir, du passé. Ce regard était tellement intense et reflétait tant de blessures que Sirius s'en voulut énormément pour cet acte qu'il n'avait pas commis. Acte qui lui avait valu de passer douze ans de son existence dans la prison la pire qui soit, Azkaban. Tout ça à cause d'un traitre.

Sirius n'osait pas faire le moindre geste, de peur que son ami lui saute dessus, ou pire, prenne la fuite sans chercher à écouter ses explications. Rien ne pourrait être pire, pour lui, que son ami ne veuille pas écouter ce qui s'était réellement passé. Qu'il ne le laisse pas clamer son innocence, comme ces imbéciles du ministère avaient fait il y a de cela douze ans l'ayant attrapé à près l'incident avec Peter Pettigrow et ces douze Moldus. Sirius savait pertinemment que Remus n'était pas comme ça. Que celui-ci cherchait toujours à savoir la vérité et l'écouterait. Enfin il l'espérait.

-Remus...


C'est phrase avait été dite tout comme Remus l'avait fait, sur un ton aussi bas. Les mots avaient du mal à venir à ses lèvres. Tant de temps s'était écoulé depuis la dernière fois qu'ils s'étaient rencontrés. Comment être sûr qu'il l'écouterait ? Sirius ne trouvait pas les mots pour s'expliquer, de plus il ne savait pas par où commencer.

-Je suis désolé... j'ai du mal à trouver mes mots.

Ça le fit un peu sourire. C'était bien la première fois qu'il tombait à court de discours. Habituellement il trouvait toujours de quoi dire, même quand il valait mieux qu'il se taise. Mais là rien, pas la moindre petite phrase ne venait, à sa bouche, pas le moindre mot. Toutes les phrases, qui demandaient à sortir, étaient bloquées dans sa gorge. De plus le regard de Remus le troublait énormément le faisant se sentir mal à l'aise. Le sourire de Sirius s'effaça de son visage pâle.

-Je n'ai rien pu faire... je suis arrivé trop tard...


Cette phrase lui avait échappé toute seule, la disant plus pour lui-même que pour son ami. Son regard était loin, perdu dans le vide. Fixant un point invisible au-dessus de l'épaule droite de Remus. Tous ses souvenirs, de ce soir d'Halloween, lui revinrent, par flash, en mémoire. Le corps, inerte, de James, sur le sol du hall d'entrer, la porte explosée en plusieurs morceaux. Puis, Lily allongée dans la chambre du petit, le regard vide et terrorisé, celui-ci pleurant à chaudes larmes, enroulé dans les couvertures fines de son berceau. Ses propres cris de douleur suite à ses découvertes macabres.

Des larmes se mirent à couler le long de ses joues cireuses. Sirius ne se rendait pas compte, que celles-ci affluaient. Lui qui était persuadé de ne plus en avoir assez à verser après tout ce temps.
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MessageSujet: Re: Souvenirs du passé   Sam 5 Avr - 22:41

* Pourquoi… *

Comme en écho sur les murs de son esprit enclos de solitude, cette question revenait à la charge, inlassablement. Jusqu’à ce qu’il l’entende…
Mais il était figé par la vision de la statue de marbre clair habillée de noir qui se tenait devant lui, et par l’ombre des grilles qu’il discernait encore dans le regard hanté de Sirius. Il se serait jeté sur lui, il l’aurait griffé jusqu’au sang s’il en avait eu la force… mais les statues ne saignent pas, et ce furent ses yeux d’acier qui l’arrêtèrent.


-Remus...

Seulement un murmure. L’angoisse qui bloquait la gorge, les mots qui fuyaient la pensée, tout cela Remus le percevait clairement.

-Je suis désolé... j'ai du mal à trouver mes mots.

Et ce sourire qu’il connaissait par cœur, qui le rajeunissait brusquement et lui donnait cet air tellement innocent… Innocent… Comment pouvait-il…
En trois pas il fut sur lui, agrippant brutalement le col de son vêtement. Il fut un instant dérouté par la légèreté du corps, pourtant plus grand que lui, mais l’éclat de rage qui l’avait jeté sur lui flamba de nouveau, crispant ses mains sur l’étoffe douce.


* Comment peux-tu encore regarder les vivants en face, Sirius ? *

Il vit l’autre perdre son sourire, mais n’aurait su dire si c’était remords ou désespoir.
Cependant la colère de Remus ne durait jamais longtemps, car seul Wolf était réellement capable de folie furieuse, et Remus s’en était toujours défendu. Alors, sa rage fut presque aussitôt étouffée par la tristesse, qui l’engloutit comme une vague de ténèbres. Lentement, il lâcha l’ancien prisonnier, et recula d’un pas, chancelant sous le poids de ses peines. Déjà il ne l’entendait plus…


-Je n'ai rien pu faire... je suis arrivé trop tard...

A ce moment-là, tout sembla s’arrêter.
Remus ne comprit pas immédiatement pourquoi le temps avait gelé… jusqu’à ce qu’il regarde le visage de Sirius. Des perles translucides roulaient silencieusement sur ses joues de marbre, chutant dans le vide avant de s’écraser sur le parquet griffé.
Et avec elles, Remus sentit tomber en lui un masque de pierre, qui se brisa en mille éclats tranchants sur le sol noir de sa conscience. Un masque qu’il avait porté pendant douze ans, pour se protéger des agressions du monde, un masque cristallisé dans les souffrances de cette nuit d’automne, durci de cendre et de clairs de lune cruels. Un masque qui enfermait son âme dans un carcan de fer, jusqu’à cette autre nuit…
Pour la première fois depuis douze ans, il vit se profiler derrière la silhouette de Black l’ombre apaisante d’un grand chien noir nommé Padfoot.

Il leva les mains à nouveau, cette fois pour recueillir avec légèreté les éclats d’eau qui n’en finissaient plus de couler.


- Les larmes n’ont jamais lavé le sang, Sirius…

Sa voix brisée avait retrouvé sa douceur habituelle, le feu de son regard était redevenu ambre doré.

- J’aurais pu te tuer ici même pour avoir trahi James et Lily… Mais le sang n’a jamais lavé les larmes…

Ses mains se mirent à trembler faiblement, sa mâchoire se crispa.

- Bon sang… J’ai besoin de savoir, de tout savoir…

Pourquoi…

Réponds, Sirius… Réponds-moi !

Il avait presque crié, lui qui n’élevait jamais la voix, lui qui conservait son calme même en situation dangereuse. Peu à peu, la tension sourde qui l’habitait devenait presque palpable, comme un champ de force qui nimbait sa peau. L’air chargé d’électricité crépita légèrement autour de lui, et il se rendit compte soudain que cette force qui prenait possession de lui n’était autre que celle de la lune… dans deux jours elle serait pleine… c’était trop loin pour qu’il se transforme, mais trop proche pour qu’il puisse résister à la puissance de ses émotions.

* Non… *

Le vertige le reprit…
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Sirius Black

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MessageSujet: Re: Souvenirs du passé   Dim 6 Avr - 18:46

Sirius avait vu son ami passer de la colère à l'étonnement, pour finir par reprendre son expression calme et sereine qu'il lui connaissait bien. Sirius était resté là, profitant de ce contact réconfortant que lui procurait la main de Remus à chaque passage de celle-ci sur ses joues mouillées. Ses contacts étaient doux et éphémères, mais ça Black s'en fichait éperdument cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas reçu même l'infime parcelle de douceur et d'attention à son égard.

- Les larmes n'ont jamais lavé le sang, Sirius...

Ses yeux ambrés était comme un pendule qui ne cesse pas de tanguer de droite à gauche et qui vous hypnotise et vous calme. Lui apportant un instant de répit en ce moment difficile. Pour le moment Sirius se concentrait sur le toucher de son ami, recueillant le plus possible de chaleur, qui pouvait réchauffer un peu son cœur meurtri par la tristesse.



*Si tu savais Remus, ce sang dont tu parles ne salit pas mes mains mais, mon cœur*

- J'aurais pu te tuer ici même pour avoir trahi James et Lily... Mais le sang n'a jamais lavé les larmes...

Sirius reprit un peu ses esprits sous les mains tremblantes de Remus.

- Bon sang... J'ai besoin de savoir, de tout savoir...

Pourquoi...

Réponds, Sirius... Réponds-moi !


Ce furent ces phrases presque criées qui le firent vraiment réagir. Son ami était là devant lui tremblant, Sirius pouvait très bien sentir l'air se charger de l'énergie de son ami. Une atmosphère lourde et pesante, pleine de haine, de colère et d'incompréhension l'entourait, sans parler de la magie de celui-ci qui s'échappait de lui et l'entourait formant une protection bien agressive.

Sirius fronça les sourcils au léger tanguement de son ami. L'approche de la pleine lune, combinée à son retour, devaient beaucoup le chambouler.


-Je vais tout te raconter ce qui s'est passé ce soir-là... Mais tu devrais t'assoir Moony tu n'as pas l'air de te sentir bien.

Un court silence s'installa dont Sirius profita pour mettre un peu d'ordre dans sa tête.

-Avant tout il faut que tu saches une chose, je n'étais pas le gardien des secrets de James et Lily. Nous n'étions que cinq à savoir qui était le véritable gardien des secrets.

Je t'en supplie Moony ne m'interromps pas, je veux en finir le plus vite possible avec cette histoire.

On s'était rendus au bureau de Dumbledore pour proposer cette solution. Il était évident qu'étant le meilleur ami de James ça serait moi qui serait désigné gardien des secrets donc pour brouiller les pistes, en commun accord, nous avions décidé que ce ne serait pas moi le gardien des secrets de Lily et James, mais Peter. Tout le monde croyant que c'était moi qui l'étais, personne ne se serait douté que Peter était le gardien.

Je suis désolé Moony, on aurait voulu te le dire mais, il valait mieux que peu de monde soit au courant pour éviter que Voldemort et ses partisans ne tuent beaucoup de personnes s'il venait à vouloir les attaquer. Et nous avons eu presque raison.



Le regard de Sirius s'assombrit faisant ressortir encore plus l'iris argenté qui ornait ses yeux.

-Voldemort a fini par apprendre où se cachaient James et Lily, et il est donc allé commettre ce massacre ce soir d'Halloween. Quand je suis arrivé là-bas c'était trop tard James et Lily avaient été exécutés et le petit pleurait à chaudes larmes. Je l'ai pris dans les bras et suis sorti du lieu. Dehors se trouvaient Dumbledore et Hagrid ; j'ai donc confié Harry à Dumbledore, qui lui-même, l'a confié à Hagrid en lui demandant de l'amener chez les Dursley. J'ai proposé à Hagrid ma moto pour que celui-ci puisse rejoindre Surrey le plus vite possible sans trop d'encombre.

Sirius stoppa son discours et plongea son regard dans celui de Remus à la recherche de ce que son ami pouvait bien penser.
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MessageSujet: Re: Souvenirs du passé   Sam 12 Avr - 20:30

-Je vais tout te raconter ce qui s'est passé ce soir-là... Mais tu devrais t'assoir Moony tu n'as pas l'air de te sentir bien.

Remus sentait le sol vaciller dangereusement sous ses pieds. La vibration de l’air autour de lui semblait le vider rapidement de ses forces, alors que le choc émotionnel menaçait de submerger sa conscience. Il serra les poings pour tenter de se maîtriser. Ce n’était pas le moment de faiblir, alors que peut-être il allait enfin apprendre les raisons des actes de Sirius. Apprendre pourquoi il avait passé douze ans à Azkaban... Ses ongles s’enfoncèrent dans ses paumes.

- …Je n'étais pas le gardien du secret de James et Lily… … je t'en supplie ne m'interromps pas… …personne ne se serait douté que Peter était le gardien… …on aurait voulu te le dire…

Les mots tombaient comme des couteaux dans l’esprit de Remus, taillant la vérité en une image de pierre tranchante, impitoyable. Au fur et à mesure du récit de Sirius, il reculait comme sous le coup des révélations, et finit par s’adosser brutalement au mur.

-… Quand je suis arrivé là-bas c'était trop tard…

Devant lui, tout s’assombrissait, et des taches dansaient dans son regard brouillé. Il se força à prendre une respiration normale, tout en assimilant lentement ce qu’il venait d’entendre.

* Douze ans… pour… rien ? …Et Peter… mort aussi… non… Tué. *

Il se laissa glisser le long des planches du mur, et s’enfonça les poings dans les yeux.

* Sirius, qu’as-tu fait… ? *

Innocent… innocent finalement pour la trahison… mais pas pour le meurtre… Wormtail, si faible… c’aurait été lui le traître finalement ? C’était tellement logique, en y repensant…
Peter attendant son heure dans les recoins d’ombre… Peter, toujours admiratif, et toujours si lâche… Un soir de désespoir… Et Sirius s’enfonçant brusquement dans la nuit, le seul qui savait encore, le seul encore libre de ses actes… pour une vengeance sans lendemain.
Il se souvint de ses propres larmes se mêlant aux cendres sur son visage et dessinant de sinistres arabesques, de sa longue fuite dans la nuit… et du trou noir.

Remus leva ses yeux grands ouverts vers l’ancien prisonnier, mais son regard était noyé. Pourtant ce n’étaient pas des larmes… seulement le vide laissé par ces années misérables de solitude, et par cette réalité qu’il avait si longtemps crue et qui venait de voler en éclats. La perte de son ami des mains de Voldemort, celle de Sirius supposé coupable avait laissé en lui une blessure béante qu’il refusait de prendre en compte. Et maintenant Sirius était là devant lui, et lui apportait une guérison qu’il n’avait jamais espérée… Il n’apparaissait plus noir mais d’un gris très pâle, et son regard pur éclairait son visage d’adolescent, que seul Remus pouvait encore distinguer sous le masque qu’avait laissé Azkaban. Comme au lever du jour, Remus put enfin voir que les mains de Sirius étaient blanches et que le sang des Potter lui avait coûté la liberté en plus de la revanche.

Un silence étouffant régnait dans la pièce poussiéreuse, où seuls restaient face à face deux hommes qui n’avaient que trop longtemps marché dans les ténèbres.

Enfin, Remus reprit la parole à voix basse, de son timbre presque guttural.

- Alors tu n’as pas livré James à Voldemort… tu as tué Peter… tu as été condamné et tu as passé douze ans en prison… Et maintenant tu t’évades et tu rôdes à Poudlard… tu es recherché, mais tu prends le risque de revenir ici… Pourquoi ?

Il se releva en s’appuyant au mur, et on put voir qu’il avait perdu cette intensité douloureuse qui le rongeait. Il n’y avait plus que Remus, débarrassé pour un temps de l’oppression de Werewolf, simplement Remus debout dans la cabane qui avait hanté ses rêves et ses cauchemars. Malgré les cernes, ses yeux d’or avaient toujours leur éclat d’antan, et il croisa avec fermeté le regard argent de Sirius, ouvrant son cœur et son âme par ce simple geste.

- Ça fait du bien de te revoir… Padfoot… chuchota-t-il, n’osant pas encore bouger.

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MessageSujet: Re: Souvenirs du passé   Jeu 17 Juil - 1:22

*Tout ce qui s'est passé il y a douze ans nous a tous marqué à un point de non retour. Et ce ne sera pas toi qui me diras le contraire. Regarde-toi Remus tu es aussi brisé que moi après tout ce temps passé sous ces barreaux froids et luisants. Rien ne nous fera oublier mais c'est pas pour autant que je vais arrêter de lutter.*

Sirius avait suivi du regard Remus, glissant le long de ces vieilles planches portant encore les marques de plusieurs nuits agitées, qu'ils avaient passées étant jeunes. Tout les murs avaient été saccagés, coups de griffes innombrables et planches arrachées, une lutte acharnée et désespérée, voilà ce que laissait apparaître le passé. Mais toute cette violence n'était rien comparée à leur combat présent. Le regard de Sirius avait voyagé à travers toute la pièce, sur chaque mur, chaque blessure causée à cette maison dans leur enfance, laissant apparaître par moment un flash surgissant tout droit de son passé et enfoui depuis tant d'années dans son esprit.

Suivant toujours du regard ces traces lugubres qu'avaient gardées précieusement les cloisons en bois, comme un enfant chérissant son ours en peluche. Ses yeux d'aciers finirent par tomber sur deux orbes éteintes qui autrefois avaient réussi à briller. Le silence, Sirius le haïssait et à la fois l'adorait. Mais celui-ci finissait toujours par être rompu par un quelconque bruit, et en l'occurrence ce fut la voix basse de Remus qui le fit.

- Alors tu n’as pas livré James à Voldemort… Sirius approuva d'un hochement de tête léger faisant glisser quelques mèches supplémentaires sur son visage, le rendant encore plus cireux. Tu as tué Peter… Là il n'eut qu'un air de dégoût, mais ne répondit rien. Tu as été condamné et tu as passé douze ans en prison… Aïe mauvais souvenir et sujet tabou qui lui valut une autre grimace bien sympathique. Et maintenant tu t’évades et tu rôdes à Poudlard… tu es recherché, mais tu prends le risque de revenir ici… Pourquoi ?

Que répondre a cela...

*Lui dire la vérité ou la cacher?*


Il vit Remus se relever avec difficulté, appuyé au mur, Sirius put enfin revoir les yeux de Remus, et la souffrance qui y avait élu refuge s'était enfin dissipée. Remus était debout dans la cabane et son regard d'ambre avait repris sa couleur luisante, qui lui donnait son aspect résineux, et était ancré dans celui d'agent terni de Sirius.

- Ça fait du bien de te revoir… Padfoot… entendit-il.

*Tu as toujours été si calme Remus, mais à la fois si sensible. Tu es perdu mais c'est normal, tellement de personnes serraient perdues à ta place, moi en premier. Si tout cela n'était pas arrivé peut-être aurais-tu pu mener une vie plus ou moins normale et ne serais-tu pas aussi brisé.*

Sirius sentit un vent de colère souffler sur lui. Une haine immense envers Peter, Voldemort, ses partisans et envers lui-même. Ce ne fut qu'un murmure...

-Tout ça c'est en partie de ma faute, pardon Remus...

-ÇA AURAIT DU ÊTRE MOI ET NON PETER QUI GARDE LE SECRET,
la main de Sirius s'abattit sur un des pans du mur. SI ÇA AVAIT ETE LE CAS RIEN DE TOUT CELA NE SE SERAIT PASSE... RIEN...Rien...rien... ils seraient encore là...

Un fin filet de sang s'écoula au niveau de la main de Sirius qui ne réagit pas à la douleur.

-J'aurais pu nous épargner toutes ces années de malheur et de douleur.
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MessageSujet: Re: Souvenirs du passé   Sam 19 Juil - 1:54

Le silence… Sirius opposait à ses doutes un silence déstabilisant, opaque et étrangement mêlé d’indifférence. Il semblait plus intéressé par l’état des lieux qu’autre chose, mais Remus le connaissait suffisamment bien pour savoir que quand il regardait ailleurs, c’était pour fuir la souffrance des autres lorsqu’elle lui brûlait les yeux. Pourtant, le calme de Sirius lui était étranger, il l’avait toujours connu énergique et entier, voire même explosif, mais rarement aussi posé. Peut-être était-ce une des conséquences de son passage en prison… Remus prit brusquement conscience des années qui séparaient leur dernière rencontre, ils avaient à peine 25 ans alors, et ils croyaient encore avoir la vie devant eux. Douces illusions, dans un monde en guerre, que de penser que les soldats de plomb de l’Ordre arriveraient à survivre à la tourmente, même si ailleurs d’autres y laisseraient la vie.

* Et maintenant… *

Ils n’étaient peut-être plus que l’ombre d’eux-mêmes, mais ils étaient vivants, et ils devaient cela à ceux qui étaient morts…
Vivants. Seuls ceux qui avaient vu l’enfer de près mesuraient ce que signifiait ce mot… que tout était encore possible, qu’ils avaient encore le droit de se battre pour ce qu’ils croyaient juste. Que chaque seconde amenait ses nouvelles, bonnes ou mauvaises. Et que renoncer était un choix qu’ils refusaient de faire.

Le silence encore. Et puis Sirius se mit à parler aux ombres… à crier dans le noir, jetant sur les murs labourés son amertume et ses remords… à chuchoter aux ténèbres ses erreurs et sa souffrance, espérant peut-être exorciser le mal qui le rongeait.
Combien de fois Remus avait-il ainsi murmuré dans le silence de son esprit la litanie sans fin de ce qui aurait dû être et qui n’avait pas été, comme s’il pouvait revenir en arrière et y trouver un pardon qu’il ne s’accordait pas.

Du sang coulait sur le mur, rouge sur le brun poussiéreux des taches laissées par Werewolf quand il passait sa rage sur lui-même.
Avant de s’apercevoir de ce qu’il faisait, Remus avait traversé la pièce et brouillait le rouge sous ses doigts diaphanes, comme pour effacer une blessure. Il regarda ses doigts sans les voir, et toucha la main écorchée de Sirius, frissonnant à cause de la froideur de sa peau.

- On ne peut pas… effacer les traces… ni revenir en arrière, dit-il d’une voix sourde.

Il serra brusquement la main de Sirius, à lui faire mal. Et chercha dans le néant de ses yeux gris, les traces de la flamme rieuse qui y régnait avant.

- Mais on doit avancer… parce que nous sommes vivants.

Vivants…
Une étincelle dorée s’alluma dans l’ambre des yeux de Remus.


* Je ne veux plus fermer les yeux, Sirius… nous avons assez souffert, assez attendu, assez prié, assez tergiversé. Maintenant, comme par le passé, il est temps de nous lever. *

Il lâcha la main blessée, lui rendant sa liberté, et observa un instant sa main pleine de sang avant de la laisser retomber. Il reporta son attention sur Sirius, avec cet air de sérieux un peu austère qu’il avait lorsqu’il surprenait ses amis à faire les quatre cent coups au lieu de faire leurs devoirs.

- Alors maintenant… réponds à ma question…

Au fond de son regard, l’étincelle dansait toujours.
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Sirius Black

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MessageSujet: Re: Souvenirs du passé   Sam 19 Juil - 20:07

Le silence se fit encore une fois entendre. Peut-être que tous ces cris et cette violence n'avaient pas servi à faire avancer les choses mais ça faisait du bien. Trop longtemps qu'il avait gardé tout ça pour lui, enfin il pouvait se libérer un peu. Trop d'ombre l'avait entouré et l'entourait encore mais il avait l'impression d'avoir un peu allégé cette souffrance en en faisant part à autrui.
Sirius fixait toujours le mur où sa main blessée laissait encore couler des perles de sang. Suivant le filet rougeâtre son attention fut attirée par des doigts fins cherchant désespérément à effacer cette marque macabre qui continuait à se propager. Puis ils s'éloignèrent pour revenir se poser sur la main blessée. C'était un contact chaud que ressentit Sirius ; la main était chaude mais semblait frissonner à son contact.


- On ne peut pas… effacer les traces… ni revenir en arrière.


Les mots de son ami furent suivis par une impression de douleur. Cette main chaude venait brusquement d'enfermé dans une grande souffrance sa main meurtrie. Pas un mot ne sortit de la bouche de Sirius malgré la douleur saisissante. Sirius porta son attention sur son ami et tomba nez à nez avec deux yeux ambrés, semblant chercher une chose disparue.

- Mais on doit avancer… parce que nous sommes vivants.

Il vit dans les yeux de Remus une étincelle de vie, depuis longtemps disparue, s'animer. Cette phrase, bien que vraie ne convainquit aucunement Sirius qui était depuis bien longtemps persuadé de ne plus être vivant. La main de son ami libéra enfin la sienne qu'il put enfin ramener à lui.


- Alors maintenant… réponds à ma question…

Sirius jeta un bref coup d'oeil à Remus puis prit son air de plaisantin tout en se frottant la main.

-Finalement c'était pas une très bonne idée de taper ce mur, un sourire se forma sur ses lèvres, c'est un peu douloureux...

De nouveau un silence. Sirius soupira en se laissant glisser le long du mur. Il appuya ses coudes sur ses genoux, laissa sa tête basculer en avant, faisant dégringoler ses longs cheveux devant lui. Il porta ses mains vers l'arrière de sa tête tout en la tenant. Il laissa s'écouler le temps puis reprit la parole.

-*Soupir* Peter... n'est pas mort. Si j'avais pu le tuer je l'aurais fait et je le ferai encore s'il le faut.

Sirius redressa le visage, porta ses mains vers la poche gauche de son manteau et en sortit un journal un peu froissé de la gazette du sorcier. Il tendit le bout de papier à Remus.

-Peter s'est coupé le doigt avant de disparaître tout en tuant les douze moldus aux alentours. Il a du s'échapper avant que le ministère n'arrive et ne m'arrête... Pour un crime que je n'ai pas eu le temps de commettre, douze autres que je n'ai pas commis et la trahison de James et Lily. C'est cet article qui m'a fait prendre le risque de me faire prendre en revenant à Poudlard. Le rat sur l'épaule du plus jeune des garçons.


Sirius observa son ami qui jetait un oeil à la photo. Il attendit un peu.

-Oui Remus, je ne suis pas fou, le rat sur l'épaule du garçon est bien Peter, je reconnaîtrais ce traître même après mille ans de culpabilité. Et si je ne me trompe il est ici même à Poudlard. C'est pour cela que je suis revenu.

*Et je compte bien s'il le faut retourner tout Poudlard pour le retrouver*

Sirius arbora un sourire qu'il portait autrefois quand il s'était mis un objectif en tête comme d'embêter ce bon vieux Snape. Il releva la tête, cherchant à attirer le regard de son ami.


-M'aideras-tu à venger James et Lily ou comptes-tu me livrer à ces détraqueurs du ministère ?
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MessageSujet: Re: Souvenirs du passé   Mar 29 Juil - 12:32

L'éclair de douleur qui passa sur le visage de Sirius lorsqu'il serra sa main lui fit presque instantanément regretter son geste. Mais il devait le faire réagir, d'une manière ou d'une autre... et lui faire comprendre que même sa souffrance prouvait à chaque seconde qu'il était en vie, qu'il était encore capable de ressentir la peine mais aussi la joie.

-Finalement c'était pas une très bonne idée de taper ce mur, c'est un peu douloureux...

Un sourire... mais un sourire sans âme, tout comme le corps de Sirius qui s'affaissa doucement contre le mur.

* Finalement, peut-être que les détraqueurs ont eu une partie de son âme... *

Il s'accroupit face à son ami, se mettant ainsi à sa hauteur. Il voyait bien, à travers la poussière de la pièce, que Sirius en avait assez lui aussi... assez souffert et assez lutté. Et pourtant...

- Peter... n'est pas mort.

Remus blêmit. Il se releva brusquement, les dents serrées, et saisit nerveusement le journal chiffonné que Sirius lui tendait, sans pour autant le déplier. Il écoutait intensément ce qu'il lui disait, mesurant les conséquences de ces révélations, examinant rapidement les possibilités que cela ouvrait.
Il jeta un regard à la photo de la gazette. Aucun doute n'était permis, quand on observait bien, et a fortiori quand on connaissait Peter comme Remus le connaissait.

Et les perspectives étaient effarantes...

Il y avait donc bien eu un traître... mais Remus avait eu tort d'oublier que les lâches survivaient toujours, trop pleutres pour accepter leur fin quand leur vie perdait son sens, et trop désespérés pour chercher le repentir quand leurs ambitions se révélaient fatales.
Peter était vivant, comme l'étaient Sirius et Remus, mais sa vie avait perdu sa flamme dans un lointain crépuscule hivernal. Il n'en restait qu'un chicot noir de charbon nocif, blotti au château comme une écharde qui attendrait son heure. Oui, Peter pouvait encore nuire... il était d'ailleurs très bien placé pour le faire. Or il n'y avait qu'un seul traitement contre les nuisibles.

Sirius semblait avoir la même idée que lui, mais le sourire qui s'étalait sur son visage ne lui disait rien qui vaille, car c'était une expression qu'il ne connaissait que trop bien. Et Sirius avait trop à perdre pour risquer une fois de plus sa liberté.

-M'aideras-tu à venger James et Lily ou comptes-tu me livrer à ces détraqueurs du ministère ?

Remus croisa une fois de plus son regard gris, qui avait à cet instant la froideur dure de l'acier aiguisé. C'était à la fois une prière et un défi, un appel auquel Remus ne savait pas résister... Ce que Sirius savait très bien.
Sauf qu'il y avait autre chose. De pire, peut-être, que tout ce que le ministère pourrait jamais inventer.

- Sirius. Il y avait des détraqueurs dans le parc tout à l'heure... ils ne venaient pas du ministère. Je ne sais pas depuis combien de temps tu as quitté Azkaban, et depuis combien de temps tu es en cavale, mais... il y a eu plus grave. Voldemort est de retour.

Il passa une main sur son visage comme pour en effacer la fatigue et la poussière, et secoua la tête, ébourriffant un peu plus ses cheveux châtain striés de gris, essayant de s'éclaircir les idées.

* Il y aurait tellement... tellement à faire. Et si peu de temps avant qu'il ne soit trop tard. *

Désormais il savait qu'il pourrait compter sur Sirius, mais cela ne résoudrait pas tous les problèmes. De toute évidence, ils ne pouvaient rien tenter directement à Poudlard, car Sirius avait non seulement le ministère mais encore les mangemorts aux trousses, ce qui n'arrangeait rien. Il leur faudrait au moins un endroit sûr, ou du moins un plan d'action... les deux, de préférence.

- Non, je ne t'ai pas retrouvé pour te vendre, on a assez donné. Et je crains que la vengeance ne doive passer au second plan... il y a probablement mieux à faire, et pire à éviter, vu les circonstances.

Remus l'observa de haut en bas, jaugeant son état général et en particulier sa résistance physique. Il était maigre et sale, sa peau cireuse accusait manifestement des carences alimentaires et des faiblesses psychiques, son souffle était légèrement creux. Suffisant pour se déplacer, mais pas forcément très loin... surtout qu'il n'avait pas de baguette. Un manque qui serait difficile à combler, d'ailleurs...

-Tu vas avoir besoin de repos... et pas ici, fit-il remarquer avec un certain détachement, qui ne cachait pas le caractère crucial de la question.
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MessageSujet: Re: Souvenirs du passé   Dim 17 Aoû - 19:43

Sirius était persuadé que Remus n'allait pas pouvoir résister à sa demande. Son sourire s'effaça à la phrase suivante de Remus.

- Sirius. Il y avait des détraqueurs dans le parc tout à l'heure... ils ne venaient pas du ministère. Je ne sais pas depuis combien de temps tu as quitté Azkaban, et depuis combien de temps tu es en cavale, mais... il y a eu plus grave. Voldemort est de retour.

- Nos problèmes ne font que commencer dans ce cas. Cela fait moins d'un mois que je me suis évadé mais là n'est pas le plus important. Peter a déjà livré nos amis, il risque de livrer à son tour Harry et là on aurait un sérieux problème. Vu ma position je ne pourrai pas vous être d'une très grande aide mais vous pouvez tout de même compter sur moi.

- Non, je ne t'ai pas retrouvé pour te vendre, on a assez donné. Et je crains que la vengeance ne doive passer au second plan... il y a probablement mieux à faire, et pire à éviter, vu les circonstances.

Sirius fut un peu gêné par le regard insistant que son ami portait sur lui, l'analysant de haut en bas.

- J'ai la vague impression d'être en face de Pompom, ironisa Sirius à l'attention de Remus mais cette petite blague ne sembla pas être remarquée par celui-ci qui continuait son observation.

- Tu vas avoir besoin de repos... et pas ici, fit-il remarquer avec un certain détachement.

Sirius resta silencieux un moment plongé dans une intense réflexion, laissant s'écouler un moment de silence. Puis il perdit le peu de couleur qui lui restait pour finir par virer d'un coup à un rouge rageur.

- NON, NON ET ENCORE NON ! JE NE VEUX PAS RETOURNER A GRIMMAULD, PLUS JAMAIS MÊME SI MA VIE EN DEPENDAIT JE NE RETOURNERAI LA-BAS, hurla de colère Sirius.

Puis il se calma laissant Remus exprimer son opinion, pesant le pour et le contre et il finit par admettre que c'était la meilleure option non sans rechigner un peu pour la forme. Sirius se rappela des paroles de son ami sur les détraqueurs et fronça les sourcils.

- C'est étrange que des détraqueurs soient entrés dans l'enceinte de Poudlard sans l'accord du directeur et du ministère. Je doute fort que ceux-là étaient là pour moi, sinon ils auraient été envoyés par le ministère et donc l'école aurait été au courant.


Sirius retomba dans une réflexion intense.

* Si ce n'est pas Azkaban qui a envoyé les détraqueurs ici cela voudrait dire que Voldemort a une bonne longueur d'avance sur nous. Déjà que nous ne sommes pas très nombreux je doute fort que nous résistions longtemps contre ses attaques en étant aussi dispersés. Malgré la grande sûreté de Poudlard il ne tardera pas à faire tomber les barrières de protection du château ou à trouver un moyen de les contourner. De plus si les détraqueurs sont à sa solde de gros accidents pourraient arriver ces prochains mois. *


- Que reste-t-il de l'Ordre ?
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MessageSujet: Re: Souvenirs du passé   Mar 26 Aoû - 16:10

Dans la pénombre de la cabane, Remus sentit peu à peu le froid de la nuit d'hiver s'infiltrer subtilement, comme si des doigts de givre invisibles s'insinuaient entre les planches disjointes des murs. Un frisson violent lui fit prendre conscience de son propre état de fatigue et de nervosité.

* On va être deux à avoir besoin de repos... *

Il se remit à observer Sirius, plongé dans de sombres réflexions... et il le vit virer au blanc puis au rouge, changeant de couleur encore plus vite que les potions de Snape. Généralement, ce genre de potion avait tendance à exploser... Remus n'eut que le temps de faire un pas en arrière.

- NON, NON ET ENCORE NON ! JE NE VEUX PAS RETOURNER A GRIMMAULD, PLUS JAMAIS MÊME SI MA VIE EN DEPENDAIT JE NE RETOURNERAI LA-BAS !

Laisser passer l'orage... comme il laissait passer les souffrances des nuits de clair de lune, comme il laissait glisser le regard des autres lorsqu'ils découvraient le monstre en lui.
Mais Sirius le connaissait mieux que personne, et ne dirigeait jamais sa colère contre lui. Pourtant les éclats de voix faisaient presque toujours rentrer Remus dans sa coquille, et en l'occurrence c'était la violence de la révolte de Sirius qui le faisait frémir.


* Arrête... Sirius... le monde n'est plus tel que tu l'as laissé... *

Il s'approcha de son vieil ami et posa avec douceur ses mains sur ses épaules. Il détourna un moment le regard pour se donner le temps de rassembler ses idées.

- Nos problèmes ne font que commencer, tu viens de le dire... On va avoir très peu de temps pour réagir... il nous faut un endroit sûr. Je n'ai nulle part où aller et tu es toujours en fuite.

Cette fois, il le regardait bien en face, poussé par la volonté de convaincre, pourtant ses traits tirés laissaient autant voir sa détresse que son espoir... Remus n'avait jamais su faire semblant.
Et à cet instant, le retour de Padfoot ouvrait dans un horizon très noir une fenêtre qui lui faisait croire à nouveau en l'avenir ; mais en même temps, cela battait en brèche les murs d'acier qu'il avait construits pour se protéger... C'était ainsi, les portes étaient autant d'échappatoires que de blessures... et les possibilités, autant de doutes...
Mais l'heure n'était pas au doute. Pour aller de l'avant, il fallait commencer par survivre. Remus serra un peu plus ses mains nerveuses sur les épaules de Sirius.


- Nous allons devoir... disparaître. Tu sais déjà ce que ça signifie, mais on ne nous laisse pas le choix.

Un instant, Remus relâcha la pression qu'il exerçait sur lui, et se fit presque distant... Lui aussi mesurait ce qu'ils auraient à affronter, et l'épuisement menaçait par moments d'éteindre son courage. Il n'avait pas envie de lutter contre ses amis en plus de s'inquiéter de l'adversité... il n'avait pas la force pour cela.

- On n'a pas le choix... je suis désolé.

Lentement, il laissa retomber ses mains le long de son corps.

- ...Je t'en prie... murmura-t-il, presque pour lui-même.

A court de paroles, Remus attendait une réaction, un mot, quelque chose... Étrangement, ce fut ce silence qui sembla apaiser Sirius. Et quand il changea de sujet, Remus comprit qu'il était enfin d'accord.
Alors que son ami réfléchissait aux implications de la présence des détraqueurs dans le parc, il laissa un sourire un peu triste jouer sur ses lèvres pâlies. Ce ne serait probablement pas facile, mais ils ne resteraient pas sans rien faire.


- Que reste-t-il de l'Ordre ?

Remus lui jeta un regard aigu.

* Tu poses là une bonne question... *

Il se passa pensivement une main dans les cheveux, et répondit en scrutant le plancher comme si c'était écrit dessus à coups de griffes.

- Des cendres...

Depuis la fondation de l'Ordre du Phénix, ses membres avaient beaucoup changé. La première guerre en avait tué près de la moitié, et les années qui avaient suivi avaient apporté quelques têtes nouvelles, qui n'avaient malheureusement que très peu d'expérience réelle. Quant aux anciens... le temps avait fait son oeuvre pour eux aussi, affaiblissant les forces et les espoirs. On pouvait encore compter sur quelques esprits indomptables, cependant, mais la liste en était désespérément courte.
Remus se permit un soupir désabusé, avant de lever les yeux vers Sirius.


- Albus Dumbledore, Sirius Black, et Remus Lupin... mais on pourra peut-être compter sur les Weasley, Minerva McGonagall, Nymphadora Tonks, Kingsley Shacklebolt... Arabella Figg... Mondingus Fletcher s'il est encore en circuit... Abelforth aussi... et... non, ne hurle pas s'il te plaît... Severus Snape. Moins d'une dizaine de personnes, en résumé.

C'était peu, mais selon lui suffisant pour tout espérer.

- Je contacterai Albus une fois qu'on sera en sûreté. On aura besoin de lui pour certains sortilèges, je pense... Mais il y aura pas mal à déblayer avant, comme tu dois t'en douter.

Un sourire en coin vint éclairer fugacement son expression, lui donnant un éclair de malice. La seconde d'après, pourtant, on n'y lisait que de sa détermination à croire qu'un autre avenir était possible.

* Il ne reste plus qu'à y aller... je crois qu'on va devoir faire simple comme plan. *

- Je nous ferai transplaner dès qu'on sera sortis de l'enceinte du château... d'ici là, on aura besoin de toi, Padfoot. Ça devrait aller, il fait nuit noire dehors, mais au moindre problème, tu cours et on se retrouve dans les buissons, à gauche des grilles quand on sort.

Une dernière fois, Remus examina les murs de la cabane hurlante. Ils semblaient toujours en état de l'abriter pendant la pleine lune, et ce serait certainement un refuge précieux...
Quand il se retourna vers Sirius, il adressa un signe de tête à un énorme chien noir hirsute. Tenant fermement sa baguette devant lui, il s'engagea à sa suite dans le tunnel.
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